Lettre ouverte à l’asso

Bonjour à toustes,

Comme vous l’avez sans doute remarqué, l’activité de l’association s’est beaucoup réduite dernièrement. Il y a à cela une explication très simple dont nous, membres démissionnaires du CA, pensons qu’il est de notre devoir de vous faire part. Vous nous avez, lors de la dernière Assemblée Générale, donné votre confiance en nous élisant au Conseil d’Administration, et cette confiance que vous nous avez accordée ne nous permet pas de nous taire plus longtemps.

Lors de la séance du CA de juin, deux membres du CA ont déposé leur démission suite à des comportements inadmissibles de la co-présidente. Cette démission a fait suite à ces comportements, mais pas seulement. Nous avons également été témoins d’autres comportements qui, pour nous, ne respectent pas le cadre de l’association, et avec lesquels nous n’étions pas d’accord. Nous avons fait des remarques, été force de proposition pour travailler sur ces points et essayer d’avancer, ensemble. Malgré les engagement pris lors de ces réunions, la co-présidente n’en a respecté aucun, souvent dans la semaine même qui suivait ces réunions. Parmi les choses (liste non exhaustive) qui nous ont posé problème :

– Le mégenrage répété, même après (plusieurs) réflexions, y compris des personnes elles-même, de certaines personnes de l’association

– En privé, elle se permet d’attribuer selon ses propres critères un genre à certaines personnes qui fréquentent l’asso, alors même qu’iels en affirment un autre

– Sur sa page Facebook personnelle, elle a publié un article mettant des gens en danger. Nous ne contestons pas son droit à s’exprimer comme elle l’entend sur sa page personnelle, mais le post en question aurait pu conduire à des actes graves et des poursuites judiciaires qui auraient mis en péril l’avenir de l’association. Nous ne souhaitons pas citer le post en question pour ne pas y attirer plus d’attention.

– À de multiples reprises, et ce malgré des remarques répétées, elle n’a pas respecté le fonctionnement associatif, en prenant des décisions politiques importantes sans consulter le CA, ou en remettant systématiquement en cause une décision votée par le CA qui n’allait pas dans son sens.

Nous avons beaucoup discuté avec elle, tenté de trouver des solutions, y compris en lui proposant un autre poste, face à ses plaintes répétées de stress, de fatigue, et de lassitude. Malgré l’approbation des 2/3 du CA, toustes n’osaient pas agir, et deux d’entre nous se sont rendu-e-s à la séance du mois de juin épuisé-e-s et prêt-e-s à poser notre démission.

Durant cette séance, deux incidents nous ont forcé la main, car ils ne nous permettaient plus de considérer l’association comme un espace sécurisé. En effet, Chloé a eu un geste psychophobe violent au vu et au su de toustes les personnes présentes. Ce geste était adressé à un membre du CA dont elle ne peut ignorer qu’il est concerné par ces questions.

Ensuite, elle a réitéré, face à une personne concernée par ces questions, des propos niant le viol et l’impact que ces expériences peuvent avoir, sans s’excuser et au contraire en se justifiant malgré les remarques répétées l’enjoignant à se taire. La personne en question, plus d’un mois plus tard, n’a reçu aucune excuse ou explication de la part de la co-présidente ou des autres membres du CA présents à cette séance. C’est grave pour une association féministe et engagée contre toutes les formes de discriminations. C’est d’autant plus grave que la population trans est statistiquement largement plus concernée par ce sujet que le reste de la population. Dans ces circonstances, une association trans se doit d’être particulièrement vigilante…

Cette situation et l’absence de réaction qui s’en est suivi est pour nous le signe que l’association ne représente pas un espace sécurisant pour ses membres et cela a été la raison irrévocable, mentionnée dans leurs lettres de démission, du départ de deux membres du CA.

Lors d’autres séances de travail où elle a pu tenir des propos blessants envers des membres du CA (mais jamais de cette magnitude, fort heureusement), elle s’est toujours défaussée par « j’étais en colère ». Si la colère peut être une explication, celle-ci n’excuse pas tout (et même très peu de choses) et d’autres parmi nous, membres démissionnaires du CA, l’ont entendu s’expliquer sur ces actes en disant qu’elle « se doutait que la personne en question avait vécu ce genre d’expériences », et qu’elle savait pertinemment que le geste psychophobe allait blesser la personne en question, que c’est même « à force de penser à ne pas le faire » qu’elle a fini par le faire. Il nous paraît donc difficile, face à ses déclarations qui démontrent une intention, de continuer à accorder un quelconque crédit à l’excuse de la colère.

Suite à cette séance de juin, donc, deux membres du CA ont démissionné, et deux autres se sont mis en retrait de l’association pour réfléchir. Ces derniers, dont le co-président, ont décidé de déposer à leur tour leur démission plutôt que de prendre des mesures pour destituer la coprésidente, et assurer ainsi l’avenir de l’association.

Nous, les 2/3 du CA, de fait démissionnaires, avons quitté l’association le coeur lourd, laissant derrière nous nos projets, nos rencontres, nos envies de vous proposer de nouvelles choses, mais il était impossible pour certain-e-s d’entre nous, d’envisager de revenir au local, d’être de nouveau confronté-e-s à Chloé, ou de travailler avec elle.

Cette lettre n’a pas pour objectif de vous démoraliser, de nuire à l’association ou à la personne de Chloé. Il s’agit de dénoncer des actes graves, indignes d’une co-dirigeante d’association, et il appartient à chacun-e d’en tirer ses propres conclusions.

Nous vous prions de croire que nous avons, toustes, été au bout et même au-delà de nos limites pour tenter de trouver une solution durable qui conviennent à toustes. Cela n’a pas été possible, et nous nous sentons redevables, envers vous. Nous souhaitions vous apporter une explication sur le silence de l’association, et nous nous devions de vous donner les informations sur les raisons de nos départs respectifs, pour que vous, adhérent-e-s, bénéficiaires et partenaires de TRANS INTER action, puissiez avoir toutes les cartes en main.

Vu la nature sensible de certains des actes dénoncés, nous signons :

Des membres démissionnaires du CA ,
Des adhérent-e-s

Ce contenu a été publié dans Actus TransInter. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *